mercredi 26 octobre 2011

Young Mr Lincoln 1939 John Ford


Young Mr Lincoln

1939 John Ford

John Ford, maître des cinéphiles du monde entier.

Henry Fonda, troublant dans sa ressemblance avec le président le plus aimé des Etats-Unis, ces joues creuses, cette démarche osseuse et maladroite, ce regard qui exprime la justice.


Le film se concentre sur la vie de Lincoln à l'aube de sa carrière, dans une version plus légendaire que réaliste. L'humour du futur homme fort de l'Amérique, ses moments de réflexion, son empathie à l'égard des petites gens, la subtilité de ses rapports avec les décideurs bourgeois de son temps, font de ce film un moment qui rendrait patriote le plus anti-atlantiste. Mais ce film estampillé propagandiste ne montre rien de sa présidence.

Avant d'atteindre le point culminant de sa carrière, la première marche que Lincoln a gravit fut celle du droit. Aussi, le jeune Abe de New Salem devient le défenseur d'une famille dont les deux fils sont accusés du meurtre de Scrub White, le shérif adjoint de Springfield. L'Abraham Lincoln du film, avocat moyennement expérimenté, va tout mettre en œuvre pour empêcher le lynchage des deux jeunes paysans.

La leçon de cinéma de Jean Douchet, qui rappelle l'importance de la famille, de l'environnement, de l'argent comme le « sang » qui coule dans les veines de ce corps qu'est la communauté , chez Ford, permet réellement de mieux cerner le cinéma de ce grand réalisateur.


vendredi 21 octobre 2011

Who's that knocking at my door 1967 Martin Scorsese


Who's that knocking at my door

1967 Martin Scorsese

par K.

Après le New-York de Cassavetes dans Shadows, voici celui de son disciple.

Little Italy, scènes de la vie quotidienne, J.R., Harvey Keitel tout jeunot fait la drague à une beauté virginale qui lit Paris Match sur les quais. Un clin d'œil au prolifique cinéma français de l'époque et une déclaration d'amour au père du cinéma américain. Une romance sur les toits de New York, l'essence du cinéma scorsesien est là: la famille, sa ville, la musique, la religion, le cinéma.

Cette femme qu'il aime n'est pas une poule, et il pense l'épouser. Mais elle lui raconte un épisode malheureux avec un sale type, et J.R. la rejette.

Un extrait du recueil d'entretiens publié par la Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, Mes Plaisirs de Cinéphile, discussion avec John Cassavetes:

« Quand nous nous sommes mis à discuter du film, je l'ai harcelé de remarques comme : « John, ce film est plein de défauts! » et lui me répondait « Non, non- C'est un film plein de sa passion ». Nous sommes devenus amis. »

source image: allocine

Puzzle of a Downfall Child 1970 Jerry Schatzberg




Puzzle of a Downfall Child
1970
Jerry Schatzberg

par K.

Son plus vieil et unique ami et un magneto, dans cette maison solitaire avec vue sur la mer. C'est son rêve, une maison avec vue, loin du tumulte de sa vie passée. Beauté singulière, Lou Andreas Salomé-nom emprunté à l'aimée de Rilke, mon poète préféré- n'a finalement jamais existé ailleurs que sur les couvertures de Vogue, au temps de la gloire et des flashs, au temps de l'adulation. Tombée au vu et au su de tous ceux qui la côtoyaient, tombée de ce piédestal, Lou se souvient, voix éraillée, cernes bleus et regard éteint.

C'était le rôle de sa vie: celui de sa jeunesse. C'était un rôle, que déjà ses cheveux d'argent trahissaient. Puis la chute, la folie, la solitude, la tentative désespérée de maintenir l'illusion, avec cette lucidité amère, bileuse. Les souvenirs se mélangent, les chronologies refondues, les hommes confondus, Lou désabusée. Usée. L'a-t-on déjà vraiment aimée?

Peut-on aimer une image? Peut-on exister lorsque l'on n'est qu'image, remplaçable et oubliable?

source image: impawards.com